Les matières grasses saturées augmentent l’appétit pendant plusieurs jours

Crédits : churl
Les acides gras saturés parviennent à tromper le cerveau en masquant l’effet des hormones de la satiété. Cet effet, particulièrement bénéfique pour résister aux famines ayant ponctué notre évolution ne sert plus grand chose dans notre société de consommation…
La leptine et l’insuline sont deux hormones clés pour réguler les mécanismes de la satiété.
Chez la personne saine, la leptine est sécrétée par le tissu graisseux. Elle indique au cerveau notre degré d’appétit. En parallèle, l’insuline est sécrétée après un repas et son pic est maximal quand la glycémie l’est également. Elle demande à l’organisme de prendre en charge le glucose sanguin pour constituer des réserves. Au moment où sa concentration est maximale, elle joue au niveau cérébral en diminuant l’appétit.
Des chercheurs américains ont mis en évidence chez des rats nourris pendant plusieurs jours avec une alimentation très riche en matières grasses saturées que le cerveau tend à devenir résistant à ces deux hormones de régulation de l’appétit.
En transposant ces résultats à l’homme, une extrapolation à prendre bien entendu avec précaution, cela consiste à expliquer qu’en quittant pendant plusieurs jours une alimentation saine, c’est à dire relativement pauvre en acides gras saturés, pour une alimentation par exemple de type fast-food, nous nous engageons dans un véritable cercle vicieux.
Toute la question est pourquoi ?
Pourquoi les hormones qui sont censées éviter que l’organisme ne sombre dans des réactions en chaîne peuvent-elles ainsi être contrées par de simples aliments ?
L’une des explications reposerait dans les mécanismes se déclenchant en période de famine. L’organisme va chercher de l’énergie là où il peut et le sang va se charger en matières grasses, exactement comme chez l’obèse. Le cerveau aura tendance à interpréter une augmentation de la charge graisseuse du sang comme un signal de famine, d’où cette inhibition des mécanismes de satiété pour essayer de récupérer autant de calories que possible.
Seulement, comme l’indique l’auteur de l’étude, cette réponse neurologique qui était nécessaire à la survie de notre espèce pendant les périodes de disette n’a plus sa raison d’être quand il y a un MacDo à chaque coin de rue.
C. Benoit conclut en la nécessité d’adhérer au régime méditerranéen, riche en huile d’olive et en légumes pour essayer de limiter l’impact de ces réflexes physiologiques ancestraux.
Source
Palmitic acid mediates hypothalamic insulin resistance by altering PKC-theta subcellular localization in rodents.
Benoit SC, Kemp CJ, Elias CF, Abplanalp W, Herman JP, Migrenne S, Lefevre AL, Cruciani-Guglielmacci C, Magnan C, Yu F, Niswender K, Irani BG, Holland WL, Clegg DJ.
J Clin Invest. 2009 Sep;119(9):2577-89. doi: 10.1172/JCI36714. Epub 2009 Aug 10.
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