La recrudescence de l’obésité serait due à l’alimentation, pas au manque d’exercice physique !
De nouveaux résultats présentés lors du congrès de l’association européenne d’étude de l’obésité (EASO) ont démontré que l’augmentation alarmante de l’obésité aux Etats-Unis depuis les années 70 ne serait due qu’à une alimentation excessive.
Cette étude a cherché à évaluer la part de l’exercice et celle de l’alimentation dans le processus de prise de poids.
Les chercheurs ont ainsi adopté une approche originale en combinant entre eux des règles métaboliques, des principes thermodynamiques, des données épidémiologiques et agricoles.
Selon le Professeur Boyd Swinburn, directeur des centres de prévention de l’obésité de l’Organisation Mondiale de la Santé, « il a toujours été de notoriété publique que la recrudescence de l’obésité était due d’une part à la diminution de la pratique d’une activité physique et d’autre part à une alimentation excessive. » Oui, mais dans quelles proportions ?
Ce sont ainsi 1399 adultes et 963 enfants qui ont été étudiés afin de déterminer leur consommation en calories en condition de vie réelle.
Une fois la consommation calculée pour chacun des sujets, le Professeur Swinburn et son équipe ont pu calculer les besoin de chaque adulte pour maintenir un poids stable et de chaque enfant pour grandir normalement.
Ils ont ensuite évalué la quantité de nourriture ingérée par des américains entre les années 70 et 2000. Sur cette base, ils ont calculé la prise de poids théorique sur ces 30 années en considérant que seule l’alimentation était impliquée dans ce phénomène.
Si la prise de poids réelle est équivalente à la prise de poids théorique, alors nous pouvons conclure que seule l’alimentation excessive est impliquée dans les phénomènes de recrudescence de l’obésité dans ce pays.
Chez l’enfant, les deux résultats concordent exactement.
« Chez l’adulte, nous avions prédit un excès de poids virtuel de 10,8 kg. Dans les faits il n’a été que de 8,6 kg, ce qui permet de penser que l’exercice a joué un rôle, bien que mineur ».
« Pour revenir au poids moyen de la population des années 70, nous devons diminuer nos apports alimentaires journaliers de 350 Calories pour les enfants (un soda et une petite portion de frites) et de 500 Calories (un gros hamburger) pour les adultes. Pour obtenir le même résultat en ne jouant que sur l’activité physique, cela revient à demander à un enfant de pratiquer 2h30 de sport supplémentaire par jour et 1h50 pour un adulte, ce qui est difficilement envisageable. »
Le Professeur Swinburn a néanmoins rajouté que l’activité physique ne devait bien évidemment pas être exclue dans une démarche de lutte contre l’obésité du fait de ses nombreuses vertus.
Les pouvoirs publics doivent néanmoins s’attacher à inciter à manger moins !
Source
Increased food intake alone explains the increase in body weight in the United States, European Association for the Study of Obesity, 08/05/2009
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