Vers une taxe sur les sodas ?
Deux chercheurs américains viennent de jeter un pavé dans la mare en publiant un article dans le New-England Journal of Medicine incitant les pouvoirs publics à envisager une taxe sur les sodas et les boissons sucrées.
L’épidémie d’obésité touchant les jeunes nécessite à présent probablement l’intervention des pouvoirs publics. C’est ainsi que Brownell et Frieden ont ouvert le débat sur la nécessité de mettre en place une taxe sur la nourriture “à risque”. Nous savons que la consommation excessive de certains aliments augmente la mortalité. Une taxe supplémentaire constituerait-elle une solution pour endiguer l’épidémie ?
Les enfants consomment aujourd’hui davantage de sodas que de lait. En 10 ans, la quantité de calories provenant des boissons a explosé de 30% pour constituer à elles seules 10 à 15% des calories totales apportées par l’alimentation des enfants et des adolescents …
Pour chaque canette ou verre de soda de plus consommé par jour, le risque qu’un enfant devienne obèse augmente de 60% !
L’histoire a montré que les taxes sur le tabac ont eu en partie l’effet escompté en termes de santé publique. Selon les auteurs, une augmentation de 10% du prix des cigarettes diminue de 7,8% leur consommation.
Une autre étude a même montré qu’une augmentation du prix du Coca Cola de 12% diminuait les ventes de 14,6% !
Les auteurs sont globalement pessimistes sur le rôle de la “simple” éducation alimentaire et croient davantage à un modèle de taxation des boissons “à risque”.
A l’instar de ce qui a pu être pratiqué sur l’essence, les cigarettes, ou même les supports numériques, l’idée d’une taxe supplémentaire pour éduquer la population ne manquera probablement pas de séduire nos gouvernements. Les données chiffrées présentées par Brownell et Frieden laisse penser que de telles mesures ont une certaine efficacité.
J’avoue pour ma part être davantage sensible à des démarches positives. La prévention et l’éducation alimentaire ne devraient-elles pas faire partie intégrante des programmes scolaires, dès la plus petite enfance ? Une telle démarche ne s’appréhende que sur le long terme, échéancier malheureusement souvent incompatible avec des mesures politiques.
Si des taxes sur la mal-bouffe venaient à voir le jour, aurait-on la garantie que l’argent récolté soit intégralement reversé dans des programmes d’éducation alimentaire ? On est en droit de rêver…
Source
Ounces of Prevention — The Public Policy Case for Taxes on Sugared Beverages,
Brownell KD, Frieden TR
N Engl J Med April 8, 2009 (DOI: 10.1056/NEJMp0902392), in Print April 30, 2009
Changes in beverage intake between 1977 and 2001.
Nielsen SJ, Popkin BM.
Am J Prev Med. 2004 Oct;27(3):205-10. Erratum in: Am J Prev Med. 2005 May;28(4):413.
Relation between consumption of sugar-sweetened drinks and childhood obesity: a prospective, observational analysis.
Ludwig DS, Peterson KE, Gortmaker SL.
Lancet. 2001 Feb 17;357(9255):505-8.
Elasticity: big price increases cause Coke volume to plummet. Beverage Digest. November 21, 2008:3-4.
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