Le paradoxe français : vin rouge et longévité (partie 1)
Depuis l’antiquité, de nombreuses civilisations ont attribué à l’alcool des propriétés thérapeutiques. Depuis quelques années, les études se sont succédées, démontrant une relation en forme de J ou de U entre consommation d’alcool et problèmes de santé (voir l’article L’alcool, à dose modérée, protège les os. A forte dose il les détruit).
Selon une étude, les personnes buvant régulièrement réduiraient de 40% leur mortalité cardiovasculaire.
De nombreux chercheurs ont essayé de chercher à comprendre le lien entre consommation modérée de vin rouge et longévité. Cette notion de consommation modérée n’est d’ailleurs pas si simple à définir. D’après les recommandations de la Société Européenne de Cardiologie, elle s’établit entre 1 et 12 verres par mois (voir : L’alimentation idéale vue par les recommandations de la Société Européenne de Cardiologie). De leur côté, les recommandation américaines de diététique (American Dietary Guidelines) fixent ce seuil à 1 verre par jour pour les femmes et 2 verres pour les hommes.
Les principaux composants du vin rouge
Le vin rouge contient de très nombreux composants : les flavonoides, qui correspondent aux pigments rouges des fruits rouges, et le reste, les “non-flavonoides”.
L’attention de la communauté scientifique s’est intéressée tout particulièrement au stilbène et au resvératrol.
Quelques effets bénéfiques d’une consommation modérée de vin rouge sur la santé
- sur les lipides sanguins
Les buveurs modérés de vin rouge ont généralement un taux de “bon cholestérol” (HDL) supérieur à ceux n’en buvant pas. La présence d’antioxydants et de stilbène contribuerait ainsi à prévenir l’athérosclérose, ce phénomène d’accumulation de lipides dans les vaisseaux, susceptibles d’entraîner à terme leur occlusion.
- sur les plaquettes
Le vin rouge diminueraient l’aggrégation des plaquettes, ces agents sanguins impliqués dans la coagulation. Ce mécanisme est recherché en thérapeutique par exemple lorsque l’on administre de l’aspirine à des personnes ayant subi un infarctus. Le resvératrol serait impliqué dans ce processus.
- sur les vaisseaux
Certains composants du vin rouge contribueraient à dilater les vaisseaux, ce qui est à nouveau l’effet souvent recherché en cardiologie dans le traitement de nombreuses maladies comme l’angor ou l’hypertension artérielle.
- sur l’inflammation
Le vin rouge aurait également des propriétés anti-inflammatoires, propriétés également recherchées lorsqu’on administre de l’aspirine à des personnes ayant subi un infarctus.
Je vous invite à lire la suite de cet article qui paraîtra demain et qui sera consacrée au resvératrol.
Source
Significance of wine and resveratrol in cardiovascular disease: French paradox revisited.
Vidavalur R, Otani H, Singal PK, Maulik N.
Exp Clin Cardiol. 2006 Fall;11(3):217-25.
Coronary heart disease mortality and alcohol consumption in Framingham.
Friedman LA, Kimball AW.
Am J Epidemiol 1986;124:481-9.
Nutrition and Your Health: DIETARY GUIDELINES FOR AMERICANS, Health.gov, visité le 16/03/2009
Wine, alcohol and atherosclerosis: clinical evidences and mechanisms.
da Luz PL, Coimbra SR.
Braz J Med Biol Res. 2004 Sep;37(9):1275-95. Epub 2004 Aug 24. Review.
Alcohol, wine and platelet function.
Ruf JC.
Biol Res. 2004;37(2):209-15. Review.
Different effects of red wine and gin consumption on inflammatory biomarkers of atherosclerosis: a prospective randomized crossover trial. Effects of wine on inflammatory markers.
Estruch R, Sacanella E, Badia E, Antúnez E, Nicolás JM, Fernández-Solá J, Rotilio D, de Gaetano G, Rubin E, Urbano-Márquez A.
Atherosclerosis. 2004 Jul;175(1):117-23.
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